Chers Amis,
Le Théâtre du Crève-Cœur a l’immense tristesse d’annoncer le décès de son directeur,
Bénédict Gampert
Il s’est endormi ce 21 mai 2007 lors d’un voyage, dans les montagnes du Népal
Hommage de la presse
Le Temps L'acteur Bénédict
Gampert a touché le ciel, puis s'en est allé Bénédict Gampert était l'une des figures les plus attachantes de la scène romande. Le plus doux de la tribu, souffle un jeune metteur en scène qui l'a un peu connu. Il était hors circuit, hors système, hors mode. C'était sa liberté. Il n'avait qu'un seul vrai partenaire de scène, son violoncelle. Lui et son instrument formaient une paire qui en a déboussolé plus d'un depuis un premier one-man-show, Garçon l'addition! joué dans les bistrots à Bienne, où il avait étudié la musique, et à Genève. C'était en 1966, il avait 27 ans, un air d'ailleurs déjà, une insouciance grave, un don pour le silence qui le distinguait. D'où venait sa nature aérienne? Peut-être de la contemplation du lac, sur les hauteurs de Cologny, dans la belle maison familiale, à quelques pas de celle où vécut Lord Byron. De ses marches sans répit, dans les campagnes, ou à flanc de montagne, dans les replis du Salève, où il se réfugiait parfois. De sa mère aussi sans doute, Raymonde Gampert, qui un jour de 1959 propose à son mari de transformer la cave à légumes de la demeure en théâtre. Elle croit en son fils, en son destin de Pierrot lunaire. Il ne la décevra pas. Les Gampert n'étaient pourtant pas du parti d'Arlequin. Au départ du moins. Le grand-père est pasteur, le père notaire et maire de Cologny. La famille est éclairée, mais sérieuse, souffle la comédienne Anne Vaucher, épouse de Bénédict Gampert. Raymonde, elle, apporte à ces humanistes protestants comme une fièvre romanesque. Elle écrit des pièces, une Jeanne d'Arc même, elle lit Constantin Stanislavski, l'homme qui a révolutionné au début du XXe siècle l'art de jouer et elle applique ses préceptes. Puis elle ouvre son théâtre, qu'elle baptise le Petit-Crève-Cœur. Une cinquantaine de sièges à peine et un plateau minuscule dominé par une vis - la cave avait aussi servi de pressoir. Un repaire pour somnambules, conspirateurs et poètes. Le théâtre, ce n'est que ça. Bénédict Gampert apprend le métier au Crève-Cœur. En bricoleur de la pensée. En musicien épris de silence. En séditieux qui fait sauter les mots d'ordre comme des bouchons de champagne. Bientôt, en 1972, il rencontre Anne Vaucher. Avec elle et son violoncelle, il arpente le monde, jouant dans le désert d'Israël ou au Canada Conférence sur le silence ou le Périple et les métamorphoses de l'homme à la valise. Son épouse veille aux lumières, chante parfois. Après cinq ans de tournées, le couple revient à Genève. Une autre vie, alors: deux enfants, Sébastien et Aline; le Théâtre du Crève-Cœur qu'ils reprennent en 1990 et qu'ils ont animé depuis avec passion. Aller au Crève-Cœur, justement, c'est fréquenter le jardin secret de Bénédict Gampert, qui a dit un jour de lui: «Je ne suis pas distrait, je suis concentré ailleurs...» Il n'était pas omniprésent. Il n'avait pas le goût des mondanités. Il était juste là, comme de passage. Pendant les représentations, il s'asseyait parfois à une table du foyer et déliait d'une écriture soignée une pensée. Ces mots, signés Torpatoff (son double fictif, «son âme» comme dit Anne), il les épinglait dans la salle. Après une pièce, l'un des grands plaisirs était de lire ces instantanés joyeusement désespérés. Alors, voilà, Bénédict
Gampert s'en est allé. Souvent, dans ses fugues campagnardes,
il partait avec un sac à dos. A l'intérieur des carnets
où il notait ce qui le déroutait, où il silhouettait
au crayon des personnages. C'était son butin à partir
duquel il construisait sa pantomime musicale. De son équipée
tout près du «toit du monde», il espérait
un nouvel élan. Il a fait le plein d'azur. Puis il a fermé
les yeux. L'épilogue, c'est son épouse qui le souffle:«C'est
beau qu'il ait touché le ciel avant de partir.»
Adieu à Bénédict
Gampert, violoncelliste et comédien Le violoncelliste et comédien genevois avait entrepris ce périple sur le toit du monde avec des amis qui s’y étaient rendus une première fois avec lui, il y a tout juste 20 ans. Bénédict Gampert attendait beaucoup de ce retour au Népal. Il espérait s’y ressourcer, en revenir peut-être avec de nouvelles idées de spectacles pour son Théâtre du Crève-Cœur. En 1989, Bénédict, sa femme Anne Vaucher et leurs enfants Sébastien et Aline Gampert, sont venus vivre à Cologny, dans la maison de famille héritée de leur mère et grand-mère, Raymonde Gampert-Naville, une dame passionnée de théâtre, qui y avait créé en 1959 le Petit Crève-Cœur. C’est ce vieux pressoir, devenu en 1990 le Théâtre du Crève-Cœur, qui accueille depuis plus de 15 ans les saisons théâtrales et littéraires organisées avec grand succès par les Gampert-Vaucher. Bénédict y présentait ses délicieux one-man-show, dont le dernier, début 2006, était un spectacle d’improvisations, plein de cet humour décalé et de cette poétique loufoquerie qui était sa marque de fabrique. Lorsqu’il ne jouait pas lui-même, le maître des lieux présentait, à sa manière à la fois éberluée et pince-sans-rire, la production du jour. Non sans s’être assuré que chaque spectateur avait trouvé sa place dans le coquet petit théâtre. © Tribune de Genève Murielle CACHIN 25 juin
2007. © Tribune de Genève Bénédict Gampert
sort de scène SVA |
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Le Parcours
de Bénédict Gampert Depuis 1959, Bénédict Gampert passe de formations diverses (musicale, théâtrale) à la télévision, du théâtre à l’écriture, de la collaboration avec des comédiens, musiciens, danseurs et réalisateurs divers à la création de ses propres spectacles. Dès 1966, Bénédict Gampert fait des tournées en Suisse, France, Belgique, Canada et Israël, et participe à plusieurs émissions de télévision (Suisse Romande, ORTF, RTB, Radio-Canada). Le violoncelle Etudes musicales (violoncelle) aux conservatoires de Genève et de Bienne. Dans la plupart de ses spectacles, Bénédict Gampert, s’accompagne de son violoncelle, dont il développe les possibilités théâtrales. |
| Les
One Man Show |
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| 1997 | Tournée de On ne sait pas d’où on vient, mais en tout cas on est là. à Tirana, Albanie, dans le cadre d’une semaine suisse organisée par l’Ambassade Suisse à Tirana. |
| 1996 | On ne sait pas d’où on vient, mais en tout cas on est là. un mois de représentations au Festival d’Avignon. |
| 1991 | Représentation des Variations sur l’amnésie à Alger. |
| 1988 | Vestiges d’un One Man Show bimillénaire (Théâtre du Grütli, Genève). |
| 1983 | Variations sur l’amnésie (Festival de la Bâtie, Genève). |
| 1981 |
Création d’un spectacle musical pour un auteur, Les gâteaux et sostenuto (Concerts du studio de musique contemporaine, Genève). |
| 1981 | Création du spectacle One violonSEL Show On ne sait pas d’où on vient, mais en tout cas on est là. (Petit New Morning, Genève). |
| 1979 | Chante et interprète Sortez Monsieur Bénébert ! écrit et mis en scène par Jean-Marc Landier. Première mondiale à Bruxelles ; première suisse au Teatro Dimitri ; spectacle à Paris (Théâtre de Plaisance, déc. 1979 – jan. 1980). |
| 1977-86 | Donne régulièrement ses One Man Shows au Théâtre du clown Dimitri à Verscio (Tessin). |
| 1977 | Et toc ! (Théâtre Mobile, Genève). |
| 1975 | Tournée en Israël avec Conférence sur le silence ou le périple et les métamorphoses de l’homme à la valise. |
| 1972 | Festival One Man Show et auteurs interprètes (Théâtre des Deux-Portes, Paris). |
| 1966 | Premier One Man Show, Garçon, l’addition. |
| Les
spectacles, les émissions et les films |
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| 2006 | «
Mais le vent décidera » Divagation pour un espace, une heure d’improvisation pure Bénédict Gampert et son violoncelle |
| 2003 | Joue dans La femme est le potage de l'homme, spectacle MOLIERE reprise. |
| 2002 | Joue
dans Molière – La femme est le potage de l’homme Rôle de Lysidas Mise en scène : Richard Vachoux. (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
| 2002 | Met en scène Haldas et sa ville (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
| 2001 | Joue
dans La mouette de Tchékhov le rôle de Dorn. Mise en scène : Luc Martin Meyer (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
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2000 |
Joue
dans Si vous aimez la solitude, mariez-vous Mise en scène : Richard Vachoux. (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
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2000 |
Création du spectacle Où es-tu Torpatoff ? (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
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1999 |
Joue
dans Une petite douleur, de Harold Pinter, le rôle d’Edouard. Mise en scène : Richard Vachoux. (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
| 1999 | Joue
dans Mais qu’est-ce qu’on fait du violoncelle ? de
Mateï Visniec, le
rôle de l’homme au violoncelle mise en scène : Gilles Azria (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
| 1998 | Joue
dans Les chevaux à la fenêtre de Mateï Visniec,
le rôle du père. Mise en scène : Philippe Nicati et Gilles Azria (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
| 1997
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Joue dans Le sous-sol de Dostoïevski au Théâtre d’été de l’Orangerie à Genève. Adaptation et mise en scène de Jean-Frédéric Schlicklin. |
| 1994 | Joue du violoncelle dans le spectacle Vertigo. Mise en scène : Catherine Mongin. |
| 1992 | Compose et joue la musique des Lettres à un jeune poète de Rilke, spectacle d’Alain Carré (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
| 1991 | Conception, animation et mise en scène d’une création collective Il y a un Suisse en chacun de nous (Commande de la Mairie de Cologny pour le 700ème anniversaire de la Confédération Suisse). |
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1991 |
Création d’Esquisse d’une esquisse d’un monde, spectacle en hommage à l’écrivain suisse Ludwig Hohl avec la collaboration du violoncelliste Rolf Looser (Théâtre du Crève-Cœur, Genève). |
| 1989 | Création collective Il manque la page 207 ! (Genève). |
| 1987 |
Création collective Vous m’avez oublié (Genève). |
| 1985 | Création collective Il y a du brouillard chez toi (Genève). |
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1982 |
Tournée au Québec dans le spectacle Pleins feux sur la Suisse, avec Yvette Théraulaz, René Quellet et Pierre Chastellain. |
| 1981 | Emission Entracte à la Télévision Suisse Romande, avec Jean-Luc Bideau, Dimitri et René Quellet ; sujet de l’émission : Etre seul en scène. |
| 1980 | Rôle principal dans Un jour Louis, court-métrage de la Télévision Suisse Romande (réalisation Philippe Grand). |
| 1978 | Reprise à Paris du spectacle Blaise Pascal avec le Rideau de Bruxelles (Théâtre Oblique de Henri Ronse). |
1974 |
Création
d’un spectacle pour enfants sur le violoncelle, avec Arie Dzierlatka. Ce spectacle est repris par la Télévision Suisse Romande (réalisation : Michel Soutter). Tournées. |
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1973 |
Invité par Jean-Claude Drouot à l’émission La balle au bond (ORTF). |
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1973 |
Comédien dans la pièce d’Eric Westphal, Toi et tes nuages, rôle du voyageur de commerce (Nouveau Théâtre de Poche, Genève, Mise en scène André Faure). |
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1971 |
Acteur dans le film de Michel Soutter, Les Arpenteurs, rôle du fiancé. |
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1970 |
Emission de la Télévision Suisse Romande consacrée au mime, avec Pierre Byland et René Quellet. |
| Le
Théâtre du Crève-Cœur |
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| 1959-79 | Participe à l’animation du Théâtre du Petit-Crève-Cœur, à Genève, fondé par sa mère, Raymonde Gampert. |
| 1990 | Reprend la direction du Théâtre du Crève-Cœur, à Genève : Lieu de travail, de créations, de recherches interdisciplinaires, de rencontres, d’échanges, de spectacles et de concerts. |
| L’enseignement
Dès
1984, enseigne l’improvisation théâtrale et
l’apprentissage du jeu théâtral au Conservatoire
Populaire de Musique de Genève. . . Bibliographie On
ne sait pas d’où on vient, mais en tout cas on est là. . .
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